Marchés financiers et perspectives macroéconomiques à la mi-2025

20 Août 2025 | investissement | 0 commentaires

Rétablissement de la confiance : marchés financiers et perspectives macroéconomiques à la mi-2025

Publié le 19 août 2025 – par Cabinet Plane, courtier en assurances et patrimoine depuis 1922

Alors que la première moitié de l’année 2025 fut marquée par des tensions politiques et des incertitudes commerciales, les marchés financiers témoignent aujourd’hui d’un retour remarquable à la stabilité. Portés par des fondamentaux économiques robustes, notamment aux États-Unis, et des politiques de relance ambitieuses en Europe et en Chine, les grands indices mondiaux atteignent de nouveaux sommets. Cette note de conjoncture, élaborée pour les clients et partenaires du Cabinet Plane, met en lumière trois dynamiques clés : retour à la stabilité, essor des marchés actions, et maîtrise de l’inflation.


Volatilité surmontée : la résilience des fondamentaux

Un choc commercial absorbé

L’année 2025 avait commencé sous tension. L’annonce surprise, en avril, de droits de douane massifs par l’administration Trump sur les importations chinoises (jusqu’à 145%) a provoqué une chute brutale de -18 % du S&P 500 en deux semaines. Pourtant, cette crise n’a pas duré : dès la mi-mai, les discussions entre Washington et Pékin ont abouti à un gel tarifaire temporaire, prolongé jusqu’au 10 novembre. D’autres négociations bilatérales suivent, notamment avec l’Union européenne, contribuant à apaiser les chaînes d’approvisionnement mondiales.

Les valorisations retrouvent leurs niveaux pré-crise

Le ratio cours/bénéfices prospectif (forward P/E) du MSCI World est revenu à 19,9x, en ligne avec celui de janvier, malgré une hausse notable des cours (+14%). Aux États-Unis, les valorisations restent élevées mais contenues (25,9x contre 26,7x en janvier), ce qui reflète une croissance bénéficiaire bien ancrée.

Soutiens budgétaires hors USA

La Chine et l’Allemagne ont adopté des plans de relance d’envergure. Pékin injecte 1,3 trillion CNY via des obligations spéciales, tandis que Berlin débloque un fonds d’infrastructures exceptionnel de 500 milliards € hors règle du « frein à la dette », créant un levier de croissance inédit pour la zone euro.


Records boursiers : un été haussier pour les actions

Des indices au plus haut

Depuis début juin, le S&P 500 a enchaîné 19 records de clôture, avec une performance annuelle de +14,8 %. En parallèle, les flux vers les actions américaines atteignent 42 milliards $ sur un mois, anticipant un assouplissement monétaire de la Fed à l’automne. En Europe, l’Euro Stoxx 50 rebondit de 30 % depuis janvier, porté par la relance allemande – un phénomène rare qui place les marchés européens devant les performances américaines en base YTD.

Croissance américaine solide

Les moteurs de cette euphorie ? Une économie américaine qui surprend par sa vigueur : le PIB du T2 progresse de +2,6 % en rythme annuel, avec un taux de chômage stable à 4,2 %. L’emploi ralentit mais reste positif, soutenant les revenus sans alimenter l’inflation salariale.

Une concentration à surveiller

La domination des mégacaps (Nvidia, Apple, Microsoft) représente désormais 21 % du S&P 500. Ce biais augmente la sensibilité du marché à d’éventuelles rotations sectorielles. L’indice MSCI World 30 affiche un P/E de 27,3x, soit une prime historiquement élevée.


Inflation maîtrisée : les signaux s’alignent

Une désinflation graduelle aux États-Unis

L’inflation CPI ressort à 2,7 % sur un an en juillet, tirée vers le bas par l’énergie. L’inflation cœur baisse à 3,1 %, son plus bas depuis cinq mois. Ces données confortent la probabilité d’une baisse des taux directeurs dans les mois à venir.

Powell rassure : pas de stagflation

Interrogé en mai, le président de la Fed a déclaré ne « voir ni stag ni flation », en référence aux années 70. Le chômage faible et la croissance stable (≈3%) excluent pour l’heure ce scénario pessimiste.

Tensions en amont, mais absorption possible

Si l’indice PPI de juillet bondit de 0,9 % m/m, aucun effet de contagion immédiat n’est visible sur les prix à la consommation, les entreprises absorbant partiellement les hausses de coûts dans les chaînes de valeur.


Quelles implications pour les investisseurs ?

1. Actions : surpondération sélective.
Favoriser les secteurs à potentiel défensif mais en croissance : cloud, data centers, infrastructures européennes, et industries chinoises tournées vers le marché domestique.

2. Obligations : duration neutre.
Une approche barbell (durée courte + longue) permet de capter la baisse progressive des taux tout en se protégeant contre des remontées inattendues sur le long terme.

3. Couvertures : rester prudent.
Des options de protection sur le S&P 500 sont recommandées, notamment face au risque de rotation sectorielle brutale. À surveiller aussi : le dollar, en retrait face à l’euro depuis le printemps.

4. ESG : saisir les divergences.
Les plans de relance chinois et allemands laissent de côté la transition écologique. En conséquence, les investisseurs ESG devraient cibler les utilities vertes et les fabricants de semi-conducteurs de puissance, bien positionnés dans les flux réglementaires européens et asiatiques.


Synthèse : stabilité retrouvée, vigilance requise

L’environnement macroéconomique de mi-2025 est bien plus favorable qu’en début d’année : croissance mondiale résiliente, politiques de soutien massives, désinflation maîtrisée. Ce contexte offre un terrain propice aux actifs risqués, tant que les risques spécifiques – concentration boursière, tensions commerciales résiduelles, répercussions du PPI – restent sous contrôle.


Pour aller plus loin  

🔗 Liens externes

Forum économique mondial (World Economic Forum)

MSCI (indices mondiaux)

Reuters (marchés US et Europe)

E3G (think tank sur le climat et la finance)

Bureau of Labor Statistics (CPI)

Federal Reserve (conférence Powell)